






C’est l’histoire d’une passion, nouée depuis des siècles entre une nature rude, délicate
et diverse et le talent des hommes.
Située dans le quart nord est, le vignoble champenois
est le plus septentrional de France.
C’est un vignoble de coteaux, dont les sommets
sont boisés, la vigne étant cultivée uniquement sur le flanc de ces coteaux.
Les racines
de la vigne traversent très rapidement la mince couche de terre arable, pour s’enfoncer
très profondément dans la craie, qui constitue l’élément essentiel du sous-sol champenois.
D’une
nature toute particulière, cette craie assure un drainage parfait et a également
la faculté d’emmagasiner et de restituer la chaleur solaire et l’humidité, jouant
ainsi un rôle régulateur extrêmement bénéfique à la maturité des raisins.C’est également
dans cette craie que la vigne puisera les éléments minéraux, qui en partie donneront
au Champagne ses caractéristiques de finesse et de légèreté
L'Année au Vignoble.
L’année du vigneron commence juste après la vendange et se termine avec la vendange
suivante.
En attendant les premières gelées automnales, qui feront tomber les feuilles,
le premier travail sera l’arrachage de la vielle vigne (durée d’exploitation de 45
à 60 ans).Durant l’hiver s’effectuera la pré-taille, ainsi que l’apport des amendements
organiques (compost, écorces etc.
Février et mars, seront consacrés à la taille, elle
a pour rôle de structurer la vigne et d’en modérer la production.
Trois types de tailles
sont pratiqués en Champagne :
Le Chablis pour le Chardonnay
Le Cordon de Royat pour
le Pinot Noir
Le Guyot pour le Meunier
Après la taille, fin mars et avril vient le
« liage » ; à l’aide de liens spéciaux les sarments sont attachés sur les fils de
fer qui constituent la structure des rangs de vigne. Avec le réveil de la nature
en avril et la sève montante, les bourgeons gonflent, s’ouvrent et laissent apparaître
les jeunes pousses ; qui seront vulnérables aux gelées printanières jusque fin mai.
Fin avril début mai, les bourgeons dits « gourmands » non fructifères seront éliminés
c’est « l’ébourgeonnage ». Courant mai et juin les jeunes pampres grandissent de
plusieurs centimètres par jour ; vers la mi-juin la fleur s’épanouira (durée 8 à
10 jours) si rien ne vient compromettre son bon déroulement, ce sera la promesse
d’une belle récolte cent jours plus tard. Le printemps verra aussi la mise en terre
des jeunes plants de vigne qui, 4 à 5 ans plus tard, porteront leur première récolte
L'Année au Vignoble.
En juin et juillet les pampres de vigne qui continuent de pousser jusqu’au stade
de la « véraison » (fin août), sont palissés entre les fils supérieurs ; Un épamprage
est pratiqué sur chaque face et les dessus des rangs sont rognés 5 à 6 feuilles au
dessus des raisins. En juin et juillet, dans le cadre de la lutte raisonnée et suivant
les conditions climatiques, quelques traitements seront nécessaires pour protéger
la vigne des maladies cryptogamiques et des parasites qui peuvent la menacer. En
champagne, les vendanges se situent en général dans la deuxième quinzaine de septembre
et font l’objet de soins minutieux.
Elles se font obligatoirement à la main. Cueilli
grappe par grappe, le raisin doit arriver sur le pressoir dans un parfait état de
fraîcheur. La date des vendanges est fixée à la fois avec rigueur et souplesse, grâce
à une réseau de professionnels qui dans chaque cru, suivent l’évolution de la maturité
en effectuant tous les 3 jours des prélèvements avec pesée des grappes et analyse
des jus, c’est ainsi qu’est définie la date optimum de cueillette dans chaque cru,
pour chaque cépage, voire pour chaque coteau.
La presse.
Cueillis obligatoirement manuellement, les raisins arrivent au pressoir dans des
cagettes de 50kg maximum. Après être pressés, les 4000 kg de raisins qui composent
le « MARC » sont déversés manuellement dans le pressoir. La presse durera environ
3 heures, des 4000 kg de raisins ; 25.50 Hl de jus appellation champagne seront extraits,
fractionnés en 3 qualités différentes :
20 Hl de cuvée
4 Hl de 1 ère taille
1.50
Hl de 2 ème taille
La qualité des jus étant décroissante, c’est la cuvée qui servira
à élaborer les meilleurs champagnes. Après 24 heures de décantation, c’est un jus
de raisin limpide qui sera transféré dans les cuves de fermentation.
la Vinification.
Au bout de quelques jours, les levures naturelles du moût de raisins, vont en consommant
le sucre provoquer la fermentation alcoolique, transformant le moût de raisin en
vin nouveau. Durée de la fermentation alcoolique : environ 10à 12 jours ; L’augmentation
importante de la température provoquée par la fermentation est maintenue à 20° par
le système de régulation thermique de notre cuverie. Le vin nouveau encore chargé
de gaz carbonique et de particules en suspension, subira après quelques semaines
de repos un premier « soutirage » (élimination de la lie, déposée au fond de la cuve).
A
ce stade, le vin nouveau subira une autre fermentation, provoquée celle-ci par une
bactérie elle aussi naturelle au milieu, la fermentation « Malo-lactique », il en
résultera un assouplissement gustatif des vins. Toutes les 6 semaines environ, l’opération
de « soutirage » se renouvellera, jusqu’à la fin de l’hiver où après une descente
en température négative -3°, le vin sera filtré et ainsi prêt pour la mise en bouteilles
au mois de mai.
Dès la vendange et pendant toute la période de vinification les vins
seront régulièrement dégustés, analysés, classés.
En mars, c’est l’importante étape
de « l’assemblage » ; les différentes sélections faites dès la cueillette et pendant
la vinification, entreront en pourcentage variable dans la composition des différentes
« cuvées ». Les levures naturelles, sont réveillées, régénérées par l’apport d’un
peu de sucre et un léger réchauffement du milieu, avant la mise en bouteilles
La Champagnisation.
C’est dans la cave, à température constante environ 12° que le miracle de la « prise
de mousse » s’effectue.Les levures, retrouvant leur nourriture (le sucre) se réactivent,
bourgeonnent, se multiplient et provoquent une deuxième fermentation, mais cette
fois dans la bouteille.Les conditions beaucoup moins favorables, rendent leur travail
plus difficile et plus lent (4 à 5 semaines).Mais ! quel résultat, des arômes primaires
et fermentaires transformés, sublimés par cette deuxième fermentation et par le gaz
carbonique lentement dissous et qui ne retrouvera l’air libre que dans la flûte.Cette
fermentation produira également de la « lie » qui restera plaquée sur le ventre des
bouteilles couchées à l’horizontale (sur lattes) pendant toute la période du vieillissement
(plusieurs années).Jusqu’à l’opération du « remuage » qui par petits mouvements de
balancement droite-gauche et d’inclinaison entraînera ce dépôt jusque dans le col
de la bouteille.Le remuage terminé (plusieurs semaines à la main, sur pupitres ou
bien une semaine sur automates) les bouteilles resteront stockées têtes en bas (sur
pointe) dans l’attente du « dégorgement ».Pour cette opération, le trempage des cols
des bouteilles, quelques minutes dans un bain réfrigéré à -25°, permettra la fabrication
d’un bouchon de glace, emprisonnant le dépôt.La bouteille pourra ensuite être retournée
et subir le « dégorgement », c'est-à-dire l’ouverture rapide de la capsule et l’expulsion
brutale sous l’effet de la pression, du dépôt et de son glaçon.A ce stade, tous les
champagnes sont extra brut, le « dosage » (addition d’une plus ou moins grande quantité
de sucre, sous forme d’une liqueur) les rendra BRUT, SEC ou DEMI-SEC.
Aussitôt, la
bouteille, recevra son bouchon de liège et le muselet métallique qui le maintiendra.
Après
avoir été lavées, brossées, séchées, les bouteilles repartiront pour plusieurs mois
de repos avant d’être « habillées » et prêtent à la commercialisation.

